philip

L’un des grands noms de l’âge de l’information  est un américain d’origine nigériane  du nom de Philippe Emeagwali.

Il quitte l’école parce que ses parents ne pouvaient lui payer les frais de scolarité. Il vécut dans un camp de réfugiés durant les événements malheureux des guerres de sécession qu’avait connu le Nigéria. Il obtint une bourse universitaire et finit  par inventer une formule qui permet, aux ordinateurs de faire 3,1 milliards opérations par seconde. Il est désigné comme le Bill Gates de l’Afrique ainsi s’exprimait à son sujet, Bill Clinton le 26 Août  2000 à Abuja ; et d’ajouter « ce que je veux vous dire, c’est qu’il y a d’autres Philippe EMEAGWALI  dans les centaines de milliers d’enfants qui grandissent en ce moment au Nigéria. Personne ne sait ce qui existe de possible dans leur esprit et dans leur cœur, ce qui est dans leur imagination, quelles sont leurs pensées, leurs rêves qui restent secret parce qu’il n’ont pas eu les moyens de les exaucer »

Il apparaît ainsi la nécessité de l’enseignement. Nous avons le devoir de nous assurer que tous nos enfants aient la chance de vivre leurs rêves et de ne point perdre les bienfaits de leurs éventuelles contributions.

Philippe Emeagwali est un informaticien et un inventeur pluridisciplinaire qui a développé des logiciels ayant permis de résoudre des problèmes longtemps qualifiés d’insolubles. Inspiré par les formes complexes de la nature, il eut recours à la géométrie pour démontrer que les abeilles utilisent le modèle le plus efficace pour construire leur ruche. Il s’en est inspiré pour concevoir un ordinateur qui s’est avéré le plus efficient. En effet, l’architecture informatique qu’il a conçue a permis à 65000 processeurs travaillant de conserve de réaliser le plus grand nombre d’opérations jusqu’ici traitées par un ordinateur en une seconde, soit 3,1 milliards opérations par seconde, soit trois fois la vitesse de super calculateur pour un cinquième (1/5ème) du coût. C’était donc une première mondiale.

Les prouesses de Philippe Emeagwali font le bonheur de l’industrie du pétrole dans laquelle ses inventions ont contribué à résoudre les problèmes cauchemardesques de fuites de réservoir de pétrole. Il travaille également au développement des supers calculateurs capables de simuler les courants climatologiques sur une période de plus d’un siècle en vue d’enquêter sur le réchauffement de la planète. Il a également élaboré une méthode de calcul permettant à l’industrie pétrolière d’extraire plus de pétrole tout en faisant des économies s’élevant à 400 millions de dollars par gisements.

Dans le compte rendu de mai 1990 du comité du Gordon Bell Prize considéré comme le prix Nobel de la science informatique, il est spécifié que Philippe Emeagwali fit de nombreuses découvertes surprenantes à savoir :

La conception du calculateur le plus rapide (3,1 milliards opérations)  la résolution de la plus grande équation aux dérivées partielles avec huit millions de paramètres

  1. La conception d’un calculateur parallèle à 2048 bits alors que la puissance offerte par les ordinateurs du marché était de 64 bits.
  2. La formulation de la première approche pseudo temporelle de modélisation de réservoir de pétrole.
  3. L’obtention d’un nouvel ensemble d’équations aux dérivées partielles de réservoir de pétrole qui soit vectorisable, paralléllisable et ayant recours à cinquante fois moins de temps de calcul que celui inérant à la formulation d’origine.
  4. la démonstration que les conditions limites ou aux frontières de type DIRICHLET fournit plus de solution numérique fiable dans le voisinage des puits de production de pétrole situés près de la frontière et par conséquent appropriés pour éviter les problèmes de conicité (cône) engendrés par la vitesse élevée de flux convergeant dans le voisinage des puits.
  5. La découverte de l’analogie entre les équations de DARCY utilisées dans les simulations de réservoir de pétrole et les équations géostrophiques utilisées dans les prévisions météorologiques.

Toutefois, lorsqu’on lui pose la question de savoir ce qu’il considère comme ses plus grandes réalisations, il énonce « Dans ma vie personnelle, c’est d’être marié depuis 1981 et d’avoir un fils merveilleux et surtout de servir de modèle et de source d’inspiration pour les générations futures dans le domaine des sciences et de la technologie ».

Bref, nous dirons qu’il a tenu la dragée haute et combattu en brèche les clichés selon lesquels le nègre serait incapable de création scientifique et technologique. Rajoutons que cet Ibo n’a pas oublié la tradition de solidarité négro-africaine puisqu’il fit venir aux Etats-Unis, ses frères et sœurs pour poursuivre leurs études.

 

Professeur David Jonhson